Clés pour comprendre l'arachnophobie

L'arachnophobie est une des phobies les plus répandues, et si l'on ajoute toutes la gamme des sentiments et émotions « négatives » que peuvent susciter les araignées (qui va d'une légère répulsion à la phobie caractérisée en passant par la fascination), il faut bien admettre qu'elles posent souvent un problème aux humains. Essayons de comprendre pourquoi : que représentent t-elles que nous ne puissions voir qu'avec une répulsion si forte ?

Pour répondre, commençons par certains aspects de la vie de tout être humain. Un de ces aspects et le passage par l'état de nourrisson qui dépend entièrement de sa mère pour survivre. La pouvoir de la mère à ce moment de l'existence est total : c'est elle qui le nourrit, qui le rassure, qui veille sur sa sécurité, son bien-être, et c'est avec elle que le nourrisson a tissé son premier lien, lien par lequel il se construit psychiquement, il n'existe que par elle. La fragilité et la dépendance de l'enfant le mettent à la merci complète de la mère ( en tant que fonction psychologique, pas seulement en tant que mère biologique qui incarne cette fonction ). Elle fait tout, elle est tout. C'est une image de la toute-puissance, qui peut vous emmener au paradis par un câlin ou en enfer si elle ne répond plus aux besoins. L'enfant sait que sa vie est entre les mains de la mère et il éprouve alors logiquement des sentiments mêlés d'amour et de peur, de fascination et de détestation. Imaginons maintenant un peu l'intensité des émotions que peut ressentir un enfant face à cette situation. Elles peuvent être bien trop fortes pour ne pas mettre en danger l'équilibre psychique de l'enfant : il y a alors parfois nécessité de refouler de façon à pouvoir continuer à vivre. Mais cette énergie psychique ( intérieure ) non intégrée, non « nommée », reste inconsciemment présente et se manifestera à nouveau sous la forme de réaction disproportionnée plus tard en rencontrant dans le monde ( à l'extérieur ) quelque chose qui résonnera avec le trauma originel... cette chose pouvant très bien être ...une araignée. C'est ce que l'on appelle une projection. Le lien peur de la mère / araignée à déjà été noté notamment par les Docteurs Olivier Soulier et Didier Grandgeorges. Nous allons tenter de comprendre ce que l'araignée fait résonner en chacun d'entre nous – et notamment au sujet de la mère -, mais continuons à voir comment la projection s'installe et tachons de comprendre le mécanisme. J'ai ainsi rencontré une personne arachnophobe dont la mère lorsqu'elle était enfant a eu un comportement relationnel terrifiant. Cette personne a une époque de sa vie est passée par une douloureuse et très angoissante phase de délire diagnostiquée en schizophrénie. Elle peut témoigner d'un fait très intéressant : pendant sa phase délirante, elle s'est vue plusieurs fois approcher de très près de grosses araignées sans aucune sensation de répulsion, d'effroi ou d'angoisse. L'énergie psychique habituellement projetée sur les araignées était alors investie dans la phase psychotique : le noyau intolérable était investi dans le délire, ne nourrissant plus la phobie qui disparaît ainsi aussitôt... On peut comprendre à travers cet exemple que l'énergie psychique peut « voyager », et s'investir dans des symptômes différents, comme dans certains cas d'hystérie où les somatisations « voyagent » et investissent différemment le corps suivant les moments. Quand quelqu'un écrase une araignée, c'est d'abord son intolérable peur qu'il veut tuer. Il se sert de l'araignée pour tenter de maîtriser un élément psychique interne qu'elle ne fait que soulever. C'est un meurtre pour ne pas voir en soi... pour parler comme Annick de Souzenelle : c'est une énergie intérieure non intégrée qui répand sa force à l'extérieur, en détruisant. On tue le messager pour ne pas lire le message... Quand la projection se fait sur une araignée, rien de bien grave si l'espèce n'est pas en danger, mais quand cela se produit avec une personne ou avec tout un peuple ( les Juifs pour Hitler par exemple ), on voit alors le même phénomène à l’œuvre à plus grande échelle et le potentiel danger qu'il représente. Mais pourquoi l'araignée a t-elle ce pouvoir de susciter la projection ? Une projection ne se fait pas au hasard...

Regardons les particularités communes et les comportements les plus fréquents chez les araignées. Tout d'abord, elles ont huit pattes. L'enfant étant dans les bras puis comme dit l'expression «  toujours fourré dans les jambes » de sa mère, on voit de suite le lien entre ces huit pattes et le fait d'être dans les pattes de la mère, avec cette sensation qu'elle a le pouvoir de tout faire en même temps, de pouvoir agir dans toutes les directions, comme une mère qui cajole en préparant le biberon et qui dans le foyer fait « tout' »... Les huit pattes, c'est le symbole du fantasme de la toute-puissance maternelle en action. On peut songer à ce que représente symboliquement le chiffre 8, en notant qu'il est aussi le signe, une fois mis horizontalement, de l'infini : l'infini pouvoir. D'où le jeu de mots de Didier Grandgeorges : « elle a régné »

Cette notion de toute puissance est encore présente dans une autre spécificité morphologique des araignées : leurs yeux, au nombre de 4,6 ou 8 selon les espèces... « Je vois tout, partout ». J'ai rencontré ainsi un homme ( arachnophobe, tiens donc,...comme c curieux !...) me racontant comment sa maman lui disait quand il était petit : « quand tu fais une bêtise, je le VOIS » ( et sous-entendu, même quand je ne suis pas là ). Comportement typique de la mère-araignée. On trouve là aussi la racine de toute paranoïa. La toute-puissance a un aspect physique concret et un aspect psychologique : les pattes sont là pour « prendre » ( aspect physique ), la fonction psychologique analogue est de « comprendre ». Les yeux sont là pour « voir », la fonction psychologique analogue est de « savoir ». 8 pattes, 8 yeux...; tout prendre, tout voir... ; tout comprendre, tout savoir... Il y a là en effet de quoi être effrayé !

L'autre grande particularité des araignées est bien évidemment le tissage de la toile. Cette toile peut servir à beaucoup de choses mais les deux fonctions essentielles sont : la fabrication d'un cocon pour les bébés araignées et la fabrication d'un piège pour attraper des proies. Et nous sommes là en plein dans l’ambiguïté de la « mère-araignée » qui en protégeant ses enfants les piège. Comme dans toute évolution psychologique : le refuge ( saine protection ) devient piège ( la défense n'a plus de sens et enferme ) qui devient ensuite tombeau ( diminution des forces de vie ). La saine protection de la mère vis à vis de son enfant devient un piège dont l'enfant ne peut plus se dépêtrer, pris dans les fils de la toile psychique. Certaines mamans au comportement araignée gardent ce type d'attitude même quand l'enfant est adulte : en passant par exemple des « coups de fil » : le fil du lien englue et piège au lieu de construire et libérer.

L'équilibre entre les rôles de mère et de femme est une problématique féminine majeure. Quand l'enfant paraît, le danger est que la femme sur-investisse son rôle de mère au détriment de son rôle de femme, et ne laisse pas toute sa place à l'homme et au père. Le père est pourtant une garantie de sécurité pour l'enfant notamment par son rôle de tiers-séparateur : il permet à l'enfant de comprendre, voir, intégrer que la mère n'est pas toute puissante. Un équilibre peut s'installer. Mais si le père est maintenu à l'écart volontairement ou pas par la mère ( ou si le père se met lui-même dans cette attitude ), cette fonction sécurisante est perdue. La peur chez l'enfant prédomine, le refoulement permet de vivre, la projection peut s'installer. Regardons encore une fois comment résonnent ces éléments psychiques dans le comportement général des araignées : il est très fréquent que les femelles soient plus grandes que les mâles, et il peut arriver que ces derniers soient carrément mangés par la femelle après l'accouplement. L'art de réduire le masculin à un rôle de géniteur. Réduire le père au géniteur, c'est à dire tuer le père, tuer le masculin structurant, « castrer ». C'est à dire que le masculin n'a plus alors d'existence qu'en tant qu'il permet au féminin la maternité... La maternité capte le masculin. Je songe à cette phrase d'Harold Searles dans « l'effort pour rendre l'autre fou » : " Ainsi, la mère est beaucoup plus capable d'aimer son fils bébé que son mari adulte, et la rivalité œdipienne entre mari et fils se pose en termes de "qui peut le mieux devenir, ou rester, le nourrisson que la mère est capable d'aimer". Et, lorsque l'enfant devient jeune homme, qu'il a appris que l'on gagne une femme non pas en s'affirmant génitalement mais par régression, il a tendance à éviter d'entrer dans une génitalité véritablement adulte et est tenté de s’accommoder d'une "victoire régressive" dans la lutte œdipienne." L'attitude de la mère est alors anti-éducative car elle est puissamment régressive. Elle consiste en une demande implicite de la mère envers l'enfant : « restes enfant car j'ai besoin de mon rôle de mère ». Et l'enfant est ainsi englué dans cette toile de demande implicite et inconsciente, provoquant une inversion importante : l'enfant se met au service psychique de la mère . La mère-araignée se targue souvent qui plus est de « tout donner » à son enfant, alors qu'elle donne tout pour « recevoir tout » et continuer à « être tout ». Le « pour » dans la phrase précédente signe la mort de la vraie générosité, de la vraie fonction maternelle. La femme araignée ne se sait femme que par son rôle de mère. L'araignée est un animal toujours solitaire et au comportement foncièrement égoïste. Il y a très peu d'espèces d'araignées ayant des partenariats sociaux, elles sont solitaires et pas grégaires. Les femmes à la psychologie type araignée sont foncièrement égoïstes mais clament souvent leur altruisme... notamment à leur enfant qui se retrouve en plein double langage. Il vit l'inverse de ce que lui dit sa mère et n'a aucun moyen de comprendre ce qui se passe.

Si l'on regarde plus en détail encore l'anatomie de l'araignée, l'on constate qui plus est que les glandes séricigènes, qui fabriquent la soie, et les filières, qui la tissent, sont situés près de l'anus, c'est à dire l'endroit ou l'on s'attendrait plutôt à trouver... le sexe : il n'y a pas de véritable génitalité, et le lieu corporel où s'incarne cette génitalité chez la plupart des autres animaux est ici investi par le tissage de la toile. Le rapport à l'autre ne peut se vivre qu'en terme de captation. Le sexe féminin ( épigyne ) de l'araignée se situe non pas on l'a vu près de l'anus, mais au milieu de l'abdomen, face ventrale... là ou serait le nombril ( trace-cicatrice du tout premier lien ) chez nombre d'animaux. Encore un élément de ce que j’appellerai « l'énergie araignée » ou la « psychologie araignée » : la seule manière de ne pas porter de cicatrice d'un lien ( ici le nombril ), de se protéger de la souffrance dans le lien ( symbolisé par la cicatrice ), c'est de créer des liens entièrement à son avantage propre, de contrôler , de tisser des liens de captation. En effet, le sexe est alors très... nombriliste . C'est par le nombril que l'enfant in utero reçoit tout ce dont il a besoin, c'est par son sexe ( situé à la place du nombril si on compare à d'autres espèces ) que l'araignée reçoit ce dont elle a besoin : être mère. Il n'y a pas vraiment de pénétration chez les araignées : les mâles n'ont pas d'organe inoculateur ( pénis ), mais déposent leur sperme - préalablement recueilli à la sortie d'un orifice sous forme de pli sur sa face ventrale ( notons au passage que le sexe des araignées mâles à un côté très... féminin ! ) - dans l'épigyne de la femelle avec leurs pédipalpes muni d'un bulbe copulatoire . Ils nourrissent le « nombril-mère » pour qu'elle puisse être ensuite fécondée, et peuvent mourir ensuite... La femelle araignée ayant la possibilité de stocker le sperme dans sa poche spermatique reliée à l'oviducte. La copulation chez les araignées ressemble ainsi à une cérémonie où le mâle finit par être autorisé à faire don à la femelle de son sperme. On peut s'amuser à imaginer le même type de comportement chez les humains : l'homme prélève lui même son sperme et va faire sa cour pour demander à la femme l'autorisation de lui en faire don. La thématique de la castration est bien présente, et l'on comprend pourquoi une espèce dangereuse d'araignée s'appelle « la veuve noire » ( lactrodectus matrans ). Psychanalytiquement, les femmes à la psychologie « araignée » s'approprient le phallus par la maternité. D'ailleurs la morsure d'une des araignées les plus dangereuses qui soit, l'araignée banane ( Phoneutria nigriventer ), provoque ( outre la paralysie et une énorme douleur,) … une forte érection chez les hommes. La douleur et la paralysie expriment la souffrance profonde et l'aspect « piégé » dans leur problème qu'ont les femmes type « araignée », l'érection montre bien la « captation phallique » qui sert de compensation. Ce venin est à la base de recherches actuelles pour développer un médicament contre l'impuissance... La boucle est bouclée...

Il y a beaucoup à comprendre aussi de la façon dont beaucoup d'araignées se nourrissent. Elles immobilisent leur proie ( en les piégeant dans la toile puis en les empêtrant dedans ) et parfois injectent un venin qui a souvent pour action d'inhiber le mécanisme chimique de transmission nerveuse pour paralyser la proie. Une fois la proie à sa merci, elle peut s'en nourrir par … exodigestion. C'est à dire qu'elles injectent des enzymes digestives dans le corps de leur proie qui liquéfient l'ensemble des tissus internes. L'araignée n'a plus qu'à « boire » son repas comme à la paille, il ne reste ensuite qu'une coquille vide de la proie. Je me nourris de l'autre après l'avoir liquéfié, c'est à dire après avoir anéanti ses défenses et son intérieur. L'expression « être liquéfié » par une parole ou un événement est très parlante... La psychologie type « araignée » donne des comportements de culpabilisation et des paroles qui anéantissent les systèmes d'alerte des personnes de l'entourage qui, voulant -elles- un vrai lien, se font facilement piéger et « pomper ». Une personne « araignée » prend l'énergie des autres, elle n'en émet pas, elle est fondamentalement vide puisque ce qui nourrit un être humain, c'est l'amour, c'est le vrai lien structurant. La « maman-araignée » humaine est vide et cherche à combler ce vide par sa maternité, en « vidant » l'enfant pour se remplir de son rôle. Ainsi l'on comprend aisément pourquoi des tentatives de soin de cancer du sein ( organe de la générosité féminine par excellence ) par des produits issus de venin d'araignées ont eue lieu et l'on voit bien aussi là le lien que l'on peut faire avec les vampires : la peur ( ou la fascination ) que peuvent inspirer les vampires relève de thématiques psychiques proches de ce que nous analysons ici. Je pense qu'il faut attirer ici l'attention également sur le lien que l'on peut faire avec la tique qui est un parasite qui pompe énormément de sang ( un « vampire » ), qui se « gave » du sang de son hôte ( songeons par exemple à Hyalomma Asiaticum, qui pèse 624 fois plus lourd ( ??!! ) après son repas... ), et qui est un arachnide... Il y a manifestement là de quoi enquêter et s'interroger sur la maladie de Lyme dont les tiques sont vecteurs, notamment en songeant que les tiques n'ont pas d'yeux et « résonnent » ainsi avec la thématique de l'aveuglement, du refus de voir.

Je vois d'ici beaucoup de lecteur et surtout de lectrices s'interroger sur eux-mêmes, leurs enfants ou leurs parents par rapport à leur arachnophobie ou à celles de leurs enfants. La culpabilité n'est jamais une solution et ne libère rien. La responsabilité, la conscience et la transformation au contraire le peuvent. Il faut savoir se faire accompagner. Car une femme ne prend un « comportement araignée » ... que si elle y a été induite par un contexte et des fragilités. A chacun de prendre en main son histoire et de sortir du « c'est pas moi c'est l'autre » digne des cours de récréation. C'est difficile, mais la vie en définitive,... c'est ça. A ce sujet, la lecture du « drame de l'enfant doué » d'Alice Miller m'apparait indispensable.

Une patiente me disait un jour que lors d'une séance de thérapie de groupe, la thérapeute avait fait choisir parmi un ensemble d'animaux en peluche celui qui effrayait le plus les participants : elle choisissait alors une grosse araignée. Au cours du travail pour cerner la problématique cette personne s'était retrouvée avec l'araignée sur la tête : elle trouvait cela particulièrement effrayant, alors que poser la même peluche-araignée ailleurs sur le corps posait moins de problème... Imaginez un bébé lors de sa naissance, la tête engagée, le haut du crâne apparaissant à la sortie : il est pile entre les pattes de sa mère. Ceci confirme tout ce qui a été dit plus haut mais bien plus encore : permet aussi de relier les peurs des araignées au trauma le plus profond et le plus répandu qui soit : la naissance où il y a enjeu de vie ou de mort à rester éventuellement « captif » de l'utérus. En comprend mieux alors l'expression « avoir une araignée au plafond », car toute folie étant un échec de la symbolisation, rester piégé dans le maternel-fusionnel-indifférencié est d'une certaine manière le dénominateur commun de toute folie. Et Annick de Souzenelle nous fait remarquer dans son remarquable « Symbolisme du corps Humain » que les méninges, qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière, comportent trois couches : la pie-mère ( la mère généreuse, pieuse, Marie en étant le symbole le plus parlant ), la dure-mère ( celle qui est imparfaite, limitée et qui pose des limites ), et... l'arachnoïde ( ce qui signifie : « en forme d'araignée » ; cette aspect de notre mère qui veut nous garder à elle et rien qu'à elle )... On voit à nouveau le lien avec l'expression « l'araignée au plafond » ( le plafond du corps, c'est la tête ! ). On peut ainsi faire un lien avec la méningite, et ce que j'écris sur l'araignée peut certainement aider à comprendre le sens de cette pathologie, de même que l'on peut facilement relier certains aspects de ce qui est évoqué ici avec la peur des pieuvres ( comme dans « 20000 lieux sous les mers » de Jules Verne, à noter que les enfants aux mères « araignées » ou « pieuvre » ne rêvent que d'évasion, de voyages et « d'ailleurs », thèmes chers à l'écrivain ! ). Trois aspects de notre mère ( pie-mère, dure-mère, arachnoïde ) que nous devons intérieurement dépasser, dans un processus de croissance et d'autonomie. C'est cette épreuve qu'a passé avec succès le héros « Spider-Man », qui lui permet de sortir de l'état de petit garçon banal à l'état de héros, c'est à dire d'être assumant pleinement sa vie, sorti de la castration et de la peur. Il développe donc des capacités impressionnantes pour se mouvoir, avec la liberté, la rapidité et la force qui en découle. D'ailleurs la toile qui lance pour voltiger, il la lance depuis la face interne du poignet, zone corporelle très liées aux émotions ( en acupuncture, c'est une zone qui comporte des points essentiels des méridiens cœur, maître-coeur et poumon ) et à la sphère affective et sexuelle. C'est de là qu'il prend appui pour se mouvoir : l''exact opposé du petit garçon introverti et manquant de confiance en lui que pourrait créer une mère araignée : il se réapproprie sa force. N'oublions pas que Spiderman décide de devenir pleinement lui même en assumant ses dons le jour ou son oncle ( père symbolique ) est tué par un cambrioleur ( celui qui vole, qui prend aux autres, symboliquement une « araignée » ) qu'il avait au préalable laissé s'enfuir lors d'un précédent vol où il aurait pu agir . Et il reprend l'adage de ce père : « un grand pouvoir implique une grande responsabilité »... Le pouvoir maternel ( et plus largement le pouvoir parental ) implique une grande responsabilité, une grande conscience.

Le milieu de l'Art est également un grand pourvoyeur de sens et d'informations. Par exemple la plasticienne Louise Bourgeois ( 1911-2010 ) est l'auteure d'une sculpture magistrale ( 10 mètres de hauteur ! ) qui est une énorme araignée. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que son titre est :... « Maman » ! La lecture d'éléments de la biographie de cette artiste rendus publics montre rapidement que son enfance fût tres difficile, entre une mère fusionnelle et un père autoritaire. Le lien à la mère était suffisamment fort ( ou plutôt fortement toxique ) pour que Louise Bourgeois fit une tentative de suicide lors du décès de celle-ci. La position de l'enfant d'une mère au « fonctionnement araignée » qui est complétement au service de sa maman rend en effet le décès de cette dernière très difficile psychiquement : mis dans la position de dédier sa vie à la mère, l'enfant perd non seulement sa mère, mais bien plus profondément, il perd aussi le sens de sa vie ! La problématique soulevée par la thématique « araignée » est ici mise en place jusqu'au bout. L'existence et le témoignage de cette artiste, par sa vie et par son œuvre, nous montre comment la souffrance induite par les schémas psychiques peut être forte et traverser les générations. La violence peut aller jusqu'à prendre le masque de l'amour.

A chacun de prendre en main ses souffrances et de ne pas mettre les autres, et notamment nos enfants, en situation de les compenser... C'est là le message d'Alice Miller, c'est la redoutable exigence à laquelle chacun doit se confronter. Redoutable mais magnifique car au bout de cette exigence, il y a de l'amour... Beaucoup d'amour. C'est la fonction positive du symbolisme de l'araignée : tisser du lien et du sens tel Arachné tissant des tapisseries tellement belles que les Dieux en furent jaloux.

© Mai 2014 Yoann FLEURICE

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Article de Yoann Fleurice sur l'arachnophobie

11682277 2183412Parution de l'article (première partie) rédigé par Yoann Fleurice sur l'arachnophobie dans la revue Néosanté de Janvier No 41

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